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Dans une réalité où on parvient difficilement à nommer les femmes noires de la photographie, elles sont pourtant bien derrière l’objectif. L’artiste germano-ghanéenne, Zohra Opoku, est de celles dont on ne cite que très peu le talent.

Ses travaux multimédia conceptualisent et contemplent, dans une certaine mesure, la valeur sociale, sociétale et la dynamique psychologique de la mode et du textile dans les sociétés africaines et leurs diasporas. Traditionnelles, modernes, générationnelles, les tendances et les esthétiques sont à la fois marqueurs et indicateurs d’une appartenance, d’une croyance, d’une connexion. Elles jouent un grand rôle mais existent également pour être manipulées, adaptées, pour évoluer, se transformer à travers un individu.

Zohra Opoku se dit très attachée à sa culture familiale Ashanti et à son symbolisme. C’est sans doute pour cela que ses commentaires visuels s’articulent autour de l’introspection (séries d’autoportraits, mises en scène, réinterprétations). Comme une façon de s’ancrer dans un environnement, d’affirmer sa place en devenant le sujet de sa propre étude. L’individualité est interconnectée à une histoire commune. Ses expériences personnelles de jeune femme font partie d’un espace plus large. – Adama


Credit photo : Germano Miele

Credit photo : Germano Miele

Founmi, ce sont des histoires de femmes noires. Celles de femmes qui défient les conventions patriarcales malgré les obstacles. Commencé en mars 2016 par son auteure Mylène Flicka, ce blog relate des expériences de la vie au travers d'un regard féministe assumé, comme en témoigne l'introduction.

Mes coups de cœur ? Deux. Le premier est l'histoire très courte de Vicky, tueuse d'hommes mystérieuse. Quand je lis ce portrait, cet être imaginaire que serait la féministe trop extrême, je l'envie presque et je suis attirée par la force et la colère froide que semble dégager ce personnage, qui me permet de m'interroger sur ma propre colère en tant que féministe.

Le second est presque un mini-roman, relatant les aventures d'une jeune nonne nymphomane. S’y révèle encore le talent de Mylène : elle raconte avec brio les expériences sexuelles de cette femme qui ne devrait pas connaître les affaires charnelles. Aucun tabou ici : l'héroïne explore, sur fond de culpabilité – comme souvent chez les femmes –, sa sexualité de diverses manières. On se questionne avec elle en miroir sur la nôtre… jusqu'au dénouement fatidique. Finalement, vous l'aurez compris, toute la force de Founmi est de nous renvoyer à notre propre existence. - Audvoo


Credit Photo: Black in The Day

Credit Photo: Black in The Day

Je n’ai jamais été très albums photo, mais la découverte récente de ceux de mes parents étudiants a été vivifiant. À la fois proches et étrangers par l’âge, on se projette très vite dans ces clichés de nos parents. Et quand vous êtes noir dans ce pays, la diversité de lieux, qu’on retrouve là plus que dans les rituelles photos de famille, crée l’utopie d'un monde parallèle où tout ne serait que beaux et jeunes noirs respirant la vie.

Cette émotion particulière, l'anglaise Tania Nwachukwu l’a éprouvée aussi devant les photos de jeunesse de sa mère et de ses amies. L’artiste, qui travaillait sur un poème en hommage à ses parents immigrés, avait invité son ami Jojo Sonumbi à réaliser la vidéo qui l’accompagnerait. À la façon dont elle s’attarda sur ces photos, tous deux comprirent que l’usage personnel de la photographie ne la rendait pas moins politique en matière de représentation. De ce constat est né Black In The Day, un projet d’archives photo qui fait appel aux photographies de famille de chacun. Ouvert à tous, et sans autre exigence que le caractère personnel des clichés, le site est à même de représenter les noirs britanniques dans leur diversité, loin de l'image réduite qu’en donnent les médias.
- Pierre


Si il y a bien quelque chose qui attire mon attention, c’est une maison d’édition qui propose un million de dollars à une auteure noire, Imbolo Mbue, pour la publication de son premier roman. Ce qui suscite tant d’intérêt ? Une histoire qui paraît pourtant ordinaire : Jende Jonga quitte le Cameroun pour les États-Unis avec femme et enfant, à la recherche d’une vie meilleure. Il trouvera un job de chauffeur pour Clark Edwards, un cadre de la société Lehman Brothers. Malheureusement, la crise qui frappe les banques dès 2008 bouleversera la vie du couple, qui sera mise à rude épreuve. Mais Jende, face aux secrets qui entourent le monde de la banque, sera prêt à tout pour sauver son emploi et son employeur… – Bianca


Atoubaa Letters est notre sélection commentée des artistes
à suivre, des livres et articles à lire et des albums à écouter.