#10

 

Les Atoubaa Letters reviennent après une trêve estivale pendant laquelle nous avons pu réfléchir à une nouvelle manière de vous faire découvrir le meilleur de l’art et des cultures noires. L’équipe est réduite, la forme change, mais le désir de mettre en avant des objets et événements culturels inédits, en France et au delà, reste intact. Pour cette première lettre de la saison automnale nous vous offrons une sélection éclectique de beaux livres, expositions, instagrams à suivre et films audacieux à regarder - Rhoda, Fanta & Pierre


À VOIR


Black Star : Rebirth is Necessary
Dans le cadre de sa série Black Star, le site NOWNESS présente depuis le mois d’Avril « le futur de l’expérience noire » vu par des réalisateurs émergents. Après Breathe de David Alexander et Mila de Michael Williams, c’est au tour de la jeune réalisatrice nigériane-anglaise Jenn Nkiru de présenter son dernier film Rebirth is Necessary. Hautement spirituel, le film est une succession d’images, souvent d’archives (Wattstax, Black Panthers, cérémonies vaudou...), rythmées par le Jazz de Sun Ra, et les mots d’auteurs de la diaspora. On ne peut s’empêcher d’y voir là aussi un bel hommage aux travaux de Khalil Joseph et Arthur Jafa.

Killer of Sheep, 1978, Charles Burnett

Killer of Sheep, 1978, Charles Burnett

Black Intimacy
Pour celles et ceux qui auront la chance d’être à New York entre le 3 et le 16 octobre, le MOMA, en partenariat avec le Studio Museum d’Harlem, organise une série de projections explorant l’intimité noire à l’écran. Le « black love » est-il forcément politique ? C’est à cette question que les 16 films et les 2 court-métrages vont tenter de répondre, avec une attention particulière accordée au travail de Cheryl Duyne, Charles Burnett et Spike Lee entre autres.


À LIRE


Sory Sanlé Volta Photo 1965-1985
C’est en 2010 lors d’un voyage au Burkina Faso que le journaliste musical Florent Mazzoleni rencontre Sory Sanlé. À l’époque, le premier s’attelle à l’écriture de Musiques modernes voltaïques quand il surprend le deuxième en train de brûler ses négatifs. Ses photographies n’intéressent plus.

Depuis, ses clichés ont été montrés à travers plusieurs expositions chapeautées par Mazzoleni, jusqu’à celle ayant cours à la Morton Hill Gallery de Londres aujourd'hui. C’est un livre qui est le point de départ de cette dernière. Lequel nous permet de découvrir l’oeuvre d’un photographe qui immortalisa la scène culturelle et la jeunesse burkinabé en son temps.

Sory Sanlé Volta Photo 1965-85 - Août 2017 - 80 pages - 29 € - disponible ici


Something We Africans Got #2
« Je vais y arriver [à ton niveau] », aurait-elle lancé à Simon Njami. La Revue Noire a laissé un vide derrière elle, et Anna Alix Koffi espère bien le combler.

De là nous vient son dernier projet indépendant qui mêle photographie et essais d’intellectuels tels que Achille Mbembe. « Revue-livre » comme son précédent Off The Wall, celle-ci affiche toutefois un prix plus accessible (et en FCFA), « l’art entrepreneuse » voulant toucher le plus grand nombre. Après un premier numéro focus sur l’Algérie, ce sera cette fois ci le tour de la Côte d'Ivoire natale de l’éditrice en chef.

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Something We Africans Got - Trimestriel - 25 € - 200 pages - disponible ici ou dans ses points de vente parisiens


Big Papi
Le bleu et le rose ne sont pas des couleurs qu’on associerait intuitivement pour parler les Caraïbes. Dans Big Papi, une série photographique « qui analyse un temps où le cliché de la culture machiste existe à côté de femmes fortes, indépendantes et de ciels roses », ce sont ces tons là que Gilleam Trapenberg choisit pour sublimer une cohabitation insoupçonnée. De St Lucie à la Barbade,
avec un détour par l’île natale du jeune photographe, Curaçao, le beau livre de 60 pages documente et poétise subtilement les normes ridicules imposées, et adoptées par les hommes caribéens.

Gilleam Trapenberg - Big Papi - Août 2017 - 60 pages - 35€ - disponible ici


Blind Spot
Les livres présélectionnés pour les prix de la fondation Aperture & Paris-Photo viennent d’être annoncés, et Blind Spot du photographe nigérian-américain Teju Cole en fait partie. Plus connu sous son étiquette de critique photo pour le New York Times, et auteur de l’excellent Open City, dans ce nouvel ouvrage les deux mondes de Teju Cole se rencontrent enfin. Chaque photo, généralement des bribes visuelles de ses nombreux voyages, est accompagnée d’un texte, d’une méditation déroutante, tant elle n’a pas toujours de lien direct avec ce qui l’accompagne. « Les Images sont des photos de touristes, » explique-t-il. À première vue, elles en ont bien l’air. Mais associées aux mots, elles prennent une toute autre dimension.

Teju Cole - Blind Spot - Juin 2017 - 352 pages - 20,58€ - disponible ici ou ici


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Marianne & le Garçon Noir
Marianne & le Garçon Noir est la troisième anthologie dirigée par l’auteure Léonora Miano. Après Volcaniques et Première Nuit, Miano se penche sur la question de la masculinité noire en France, invitant des hommes noirs de tous horizons (université, musique, théâtre etc.) à s’exprimer sur leur expérience dans l’Hexagone.

Léonora Miano - Marianne et le Garçon Noir - Septembre 2017 - 280 pages - 19€ - disponible ici


À EXPLORER


L’équipe d’Atoubaa sera à Londres en Octobre, l’occasion de vous proposer une liste d’expositions importantes à voir si vous êtes de passage dans la capitale anglaise.

  • Soul of a Nation : Art in the Age of Black Power à Tate Modern jusqu’au 22 octobre.
  • La foire d’art contemporain africain 1:54 au Somerset House du 5 au 8 octobre - elle a lieu chaque année à Londres depuis 2013 et accueille plus 40 galeries avec une centaine d’artistes représentés. Un détour nécessaire pendant la Frieze London.

  • If you keep going south, you’ll meet yourself de Kudzanai-Violet Hwami à Tyburn Gallery du 29 septembre au 15 novembre - en mixant différentes techniques allant du collage digital à la peinture, la jeune artiste zimbabwéenne tente de redéfinir son identité à l’intersection de plusieurs mondes.

  • Somnyama Nogonyama de Zanele Muholi à Autograph ABP jusqu’au 28 octobre - dans cette série de 60 autoportraits, l’artiste et activiste sud africaine questionne le genre, la race et la représentation des corps noirs.

  • Some Context de Hannah Black à Chisenhale Gallery à voir jusqu'au 10 décembre.


À SUIVRE


@tropicalqueenrooty
L’instagram de Ruth Ossai, photographe nigériane basée en Angleterre, laisse surtout à voir son art de la portraiture. Ce qui la distingue de ses modèles illustres et la rend ultra-contemporaine, est son usage des couleurs et de la lumière sur un choix de sujets et de collages incongrus, hommages subtil au net-art.

L : Pastor's daughters 💖💖 Ikoriko Mgbafor series, Nsukka 2016.

Une publication partagée par Ruth Ginika Ossai -Studio Root (@tropicalqueenrooty) le

@samuelhindolo
Esthétique postcoloniale et Nollywood. Le feed de l’artiste noir américain Samuel Hindolo navigue entre le fascinant et le « bizarre africain ». 

Une publication partagée par @samuelhindolo le


SUR ATOUBAA


  • Découvrez le travail de Laura Ferdinand et ses observations intérieures.
  • Raïssa et Nathalie ont transformé leur garage en studio créatif. Les jeunes femmes nous présentent cet espace atypique, culmination d’années d’expérimentations entrepreneuriales et d’échecs.

  • Que signifie être créative ? Comment concilier son activité salariale et cette urge de créer ? Comment en vivre ? Accompagnées de deux invitées Tounzi (www.manufactoriel.tumblr.com) et Adeline (www.calendé.fr), Marty & Adama décortiquent leurs parcours et pratiques créatives.

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